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Chez Eugénie

Néo rurale partagée entre utopie et réalité, Eugénie a décidé de quitter la région parisienne il y a quelques années pour s'installer dans le Pays d'Auge, en Normandie, dans une maison à colombages qui servait autrefois d’étable. Un choix qui lui a permis d’ancrer ses pieds dans le sol et de voir s’épanouir ses poules et son jardin au fil des saisons grâce au télétravail.

Tu vis à la campagne, raconte-nous.

 

J’ai grandi près de Paris, en grande couronne, mais j’ai eu la chance de jouir d’un jardin où profiter de la fraîcheur des arbres en été et des chants des oiseaux. Petites nous allions chaque semaine, ma sœur et moi, en forêt toute proche avec nos grands-parents, et nos parents ont su nous faire découvrir et apprécier les splendeurs de la ville lumière et les voyages à travers le monde.

Nous profitions l’été d’une belle maison de famille sur la côte fleurie, et l’âge avançant, les retours en ville devenaient de plus en plus difficiles. Un beau jour de 2017 j’ai tout plaqué et suis partie à l’aventure en traversant en train la Russie et l’Asie. En revenant dix mois plus tard, une rencontre sur la plage d’Houlgate et l’opportunité du télétravail (favorisée par le covid) m’ont décidée à me trouver une place dans le Pays d’Auge, au bout d’un chemin entouré de verdure et de chevreuils.

 

Quelle est l’histoire de cette maison ?

 

Je suis juriste au sein d’un grand groupe immobilier, son siège est à Saint-Ouen et je dois m’y rendre une fois par semaine. Il me fallait donc trouver un lieu à la fois proche de la mer et d’une ville pour rejoindre facilement la capitale, et c’est Lisieux qui s’est imposée. Je ne connaissais pas cette ville que j’apprends à aimer et qui rend bien des services.

Hormis l’emplacement, je recherchais un environnement verdoyant à l’écart de la route pour mon chat, un garage pour ma 2CV et au moins huit couchages pour pouvoir accueillir ma famille pendant les vacances. Cette maison cochait toutes les cases !

À l’origine - il y a plusieurs siècles selon l’agent immobilier - c’était une étable qui abritait des vaches au rez-de-chaussée et du foin à l’étage ; elle a été prolongée et aménagée au fil du temps et de ses propriétaires pour être habitée. Elle est plus lumineuse que les chaumières traditionnelles normandes, et a le charme des habitations à pans de bois. Son immense toit (et mon chat noir) lui donnent des airs de maison de sorcière…

Comment l'as-tu aménagée ? 

 

Avec ce que j’avais déjà dans ma première vie et en chinant beaucoup ! Plus le temps passe, plus j’aime l’ancien qui donne tant de valeur aux choses.

J’aime aussi acheter des pièces neuves mais toujours artisanales, parfois issues du travail de femmes talentueuses devenues des amies. Je pense aux beaux bijoux de l’incroyable Julie que je dispose dans les pièces de vie telles des œuvres d’art (et que je porte aussi !), aux cœurs en papier cartonné de ma voisine Valérie, aux peintures de Witold bien sûr, un vieil ami de la famille, qui ornent les murs de mon salon, celles de Simon, un œil de chat noir, dont le travail autour des animaux est remarquable.

J’ai récemment refait ma salle de bain et fait poser des carreaux en relief faits main par la designeuse Karen Smith installée à Bayeux. J’ai chiné presque tout mon ameublement en arpentant vide-maisons, foires à tout, brocantes mais aussi sur Le bon coin. Seul mon lit est neuf !

Comment définirais-tu l’ambiance qui y règne ?

 

Ma maison parle de moi, elle me ressemble. Mes visiteuses et visiteurs me disent s’y sentir bien, comme dans un cocon moelleux, un endroit cosy où l’œil s’attarde sur une multitude de petites choses. Pour certain.es c’est un peu chargé, et je lutte pour ne pas alourdir l’ensemble qui me parait harmonieux malgré des pièces de toutes origines : autour des poutres anciennes, un panier japonais, un ensemble de la collection Pivoines de Gien, des coffres africains, une ancienne table de ferme, des tabourets normands, des estampes vietnamiennes, un tapis ardennais… Tout est bigarré mais l’ensemble fonctionne !

Je suis très sensible à la lumière, l’éclairage est important pour que je me sente bien. Les plafonniers sont rarement allumés.

Les animaux occupent une place importante dans ta vie, tout comme dans ton intérieur...

 

C’est vrai ! Ils sont omniprésents quand je regarde autour de moi : un mur d’oiseaux, une vache en hommage au passé de ce lieu et un loup majestueux occupent les murs du salon, mais aussi un cerf, des ours (beaucoup), des poissons, un raton laveur, un coq ou encore un hibou dans ma chambre… On y trouve aussi des tortues que je collectionnais enfant, un serre-livre éléphant, quelques canards rescapés de la collection de ma grand-mère, des chats, bien sûr, sous toutes les formes ! Quelques mouettes, et même un mobile goéland au-dessus de mon lit.

Ils m’apaisent, sont une présence et des témoins silencieux et rassurants de ma vie. J’ai obtenu un diplôme en médiation animale en rentrant de mon grand voyage, au cours duquel j’ai fait un peu de volontariat dans des sanctuaires animaliers, au Cambodge et en Roumanie, où j’ai pu prendre soin et nourrir des ours.

Le végétal occupe également une grande place à l’intérieur (et l’extérieur) de la maison : j’ai arrêté de compter le nombre de plantes qui m’entourent et veillent sur moi.

Quel est l'avantage de chiner sa déco selon toi ?

J’aime avant tout l’histoire que racontent les meubles et objets qui m’entourent, les époques dont ils témoignent, les personnes et les pièces qu’ils ont côtoyées, les pays pour certains qu’ils ont traversés. Puis bien sur les souvenirs qu’ils charrient : ceux des voyages, des personnes croisées, celles aujourd’hui disparues…

Le plaisir de leur offrir une nouvelle vie : une deuxième, une troisième, et combien d’autres encore ? Qu’ils aient survécu à des époques et souvent, étant bien plus solides que des objets neufs, l’idée qu’ils me survivent et que je les transmette à mon tour.

La préciosité de leurs finitions, leur robustesse.

Ce sont des trésors que l’on découvre parfois sous des couches de poussière, un peu perdus, uniques et rescapés d’une histoire inconnue… Comme un sauvetage.

Je dois avoir un côté un peu animiste, je leur donne à tous une âme !

Quelles sont tes plus belles trouvailles ?

Un établi ancien d’une seule pièce de bois rouge, bichonné par son ancien propriétaire, qui se marie à merveille avec la tommette couleur brique de ma cuisine.

Un porte manteau rouge Baumann en parfait état et un porte parapluie corail étoiles et poissons multicolores.

Le miroir de sorcière et la console et miroir du designer Josef Frank installés dans ma salle de bain.

Le meuble vasque de ma salle de bain : une coiffeuse des années 50 upcyclée par Juliette Barba.

Un objet qui parle de toi  

Difficile de répondre à cette question ! le rocking chair parle de mon grand-père, le tapis ardennais de ma grand-mère, les coffres africains de ma mère, l’ancien poste radio de mon père et de sa mère Madeleine que je n’ai pas connue et qui paraît-il, passait ses journées à écouter des émissions de radio que j’aime écouter à mon tour… Mais trouver un objet qui parle de moi ? Peut-être l’oiseau de céramique noire ramené d’un voyage à New-York avec ma sœur, trouvé dans une galerie d’artiste dans l’East Village. Un beau souvenir.

Tes adresses pour aller chiner 

 

La Fouinette à Lisieux / Julie Trouvaille à Caen (@julietrouvaille) / La Brocante de Valsemé devant laquelle je passe chaque fois que je vais sur la côte / Juliette Barba à Dozolé (@juliettebarbadecoration). Et la grande brocante de Lisieux qui a lieu deux fois par an, en mars et novembre, où l’on trouve absolument tout ce que l’on n’est pas venu chercher !

Ton mantra

Le mieux est l’ennemi du bien. Je ne sais pas si cette formule a un rapport avec le thème de ce portrait, mais étant plutôt maniaque et perfectionniste je m’applique à me rappeler aussi souvent que possible cette petite phrase.

Bijoux en laiton

@latelier_by_julie

 

Tableaux

@sailev_art

Witold Zandfos

 

Carrelage

@karenimprints

Instagram :

@eug_geniya

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